Renaud Marhic

Essayiste – journaliste

 

Réponses aux questions* – procès, polémiques, positions...

 

*Ces questions sont celles qui m’ont été le plus souvent adressées

lors de manifestations publiques, par courrier, ou sur le Web.

 

SECTES :

 

- Quelles sont vos motivations ?

Je crois que, dans l’histoire, le Siècle des Lumières représente véritablement quelque chose d’extraordinaire : une volonté de sortir de la « barbarie ». Je pense aussi que l’esprit des Lumières est de plus en plus remis en cause aujourd’hui. Sectes, pseudosciences, extrémisme politique, contestation des acquis de la Révolution de 1789 et de la République sont autant d’éléments participant de cette remise en cause.

 

- Depuis combien de temps travaillez-vous sur les sectes ?

J’ai dénoncé publiquement une secte pour la première fois en 1983. Il s’agissait de Spirale, un groupe de personnes réunies autour de l’attente des extraterrestres. J’étais alors âgé de 17 ans. La secte a implosé peu après. J’ai alors compris qu’il était possible de lutter efficacement contre ces groupes totalitaires.

 

- Avez-vous fait partie d’une secte par le passé, comme c’est le cas de certains spécialistes du domaine ?

Non, pas en ce qui me concerne. Athée et insensible à toute démarche spirituelle, la chose m’aurait d’ailleurs été difficile.

 

- Existe-t-il pour vous de bonnes sectes ?

Non. Parce qu’aucune secte ne peut prétendre à rendre l’individu plus libre. Bien au contraire.

 

- Les journalistes travaillant sur la question des sectes sont-ils menacés ?

Si les menaces physiques et létales restent rares, les pressions sont multiples. Elles prennent principalement la forme du dénigrement. On utilise alors contre vous les techniques de la « propagande de guerre ». La « propagande blanche » consiste à dévoiler des éléments réels de votre vie privée. La « propagande grise » mêle des éléments réels à des éléments inventés. Le mélange de vérités et de mensonges crée ainsi un climat d’interrogations malsain autour de votre personne. Enfin, la « propagande noire » consiste en l’invention pure et simple d’éléments concernant votre passé, vos écrits…


J’ai eu à subir la propagande grise de certains membres de l’association L’Arbre au Milieu, fondée par Bernard Lempert, après que j’ai publié dans Sectes et mouvements initiatiques en Bretagne – du celtisme au new age une enquête sur ce mouvement (classé « mouvement sectaire de moins de 50 adeptes » dans le rapport parlementaire de janvier 1996). On a essayé de faire passer mes travaux de démystification des pseudosciences pour l’inverse de ce qu’ils sont. Par exemple, en tentant de faire croire que mon ouvrage L’Affaire Ummo – les extraterrestres qui venaient du froid, qui dénonce une manipulation d’opinion prenant pour base la croyance aux extraterrestres, annonçait en fait l’arrivée de ces derniers sur Terre ! Une façon de créer le climat d’interrogations malsain évoqué plus haut… La même technique a été utilisée vis-à-vis de certains de mes articles parus dans la revue Phénomèna. Dans la même veine, on peut vous accuser d’avoir pris la défense d’un criminel, oubliant de préciser que le criminel en question a été jugé et acquitté.

 

Diverses sectes ont aussi pratiqué la propagande noire à mon encontre, prétendant avoir gagné des procès contre moi… bien qu’elles n’aient pas même saisi la justice.

 

 

 

Renaud Marhic

Essayiste – journaliste

 

- Qu’en est-il de l’affaire de L’Arbre au Milieu ?

L’Arbre au Milieu (mouvement classé en tant que secte dans le rapport parlementaire de janvier 1996), fondé par Bernard Lempert (décédé en 2010), fut mis en cause par diverses familles. Plusieurs d’entre elles avaient rejoint l’Union Nationale des Associations de Défense des Familles et de l'Individu (UNADFI). Ces familles reprochaient à L’Arbre au Milieu sa référence systématique à l’inceste et les ruptures familiales en découlant. Des incestes, dont les victimes alléguées n’avaient aucun souvenir, « révélés » par la technique du rêve éveillé. À cela, les familles opposaient la notion de manipulation mentale et de « faux souvenirs induits », soulignant que, gravement mises en cause par l’Arbre au Milieu, pas une d’entre elles n’avait été inquiétée par la Justice.

 

Sur la personnalité de Bernard Lempert, précisons que l’intéressé fut l’auteur d’une étrange autobiographie intitulée L’âme ardente brusquement saisie par la douceur des jardins, (Éditions L’Arbre au Milieu, 1988). Il y rapporte s’être vu, en rêve, incarné par le Christ, et ce à plusieurs reprises. Il y relate également sa rencontre avec Dieu, la nuit de l’Ascension 1972, « réalité fondamentale » et non « illusion ». Il y exprime enfin sa crainte du « diable » et du « démoniaque »… Préoccupations mystiques déjà avouées dans une interview accordée à la journaliste Anne-Marine (Superposition : rencontres autour de l’insolite et du para normal, Anne-Marine, Sorlot-Lanore, 1988).

 

Bernard Lempert, donc, s’estimant victime d’un « complot » visant à le dénigrer ou à le diffamer, a mené plusieurs actions en Justice contre ses contradicteurs : Le Télégramme de Brest, l’ADFI-Bretagne en la personne de sa présidente, deux mères de famille, le Nouvel Observateur… Le plaignant a été débouté de toutes ses demandes contre les susmentionnés, perdant toutes ses procédures tant au civil qu’au pénal.

 

Dans l’affaire opposant Bernard Lempert à Mmes Favé, Laot (mères de famille) et De Lorme (présidente ADFI-Bretagne), la Cour d’Appel de Rennes a estimé notamment : « Que sans qu’il soit utile de rentrer plus amplement dans le débat instauré sur le travail de la commission parlementaire, il suffit de constater que M. Lempert ne justifie pas du bien-fondé de ses accusations, par des témoignages authentifiés et précis, des pièces ou de quelconques éléments ayant valeur objective, en rapport direct avec les faits précisément imputés aux défenderesses (…) ; le condamne aux entiers dépens, qui seront recouvrés conformément à l’article 699 du nouveau code de procédure civile ainsi qu’au paiement à chacune des défenderesses d’une somme de 15 000 F en application de l’article 700 du nouveau code de procédure civile. » (Arrêt de la Cour d’appel de Rennes du 24 mars 19981ère Chambre A ; jugement définitif en l’absence de cassation.)

 

Poursuivant une nouvelle fois Mme Laot à la faveur d’une procédure incidente à celle qui précède, Bernard Lempert s’est finalement désisté de toutes ses demandes…

 

Au final, dans les multiples procédures lancées à l’encontre de ses contradicteurs, Bernard Lempert n’aura réussi à faire condamner le seul journal La Provence, en 2005, le quotidien ayant évoqué son cas sans prendre soin de l’interviewer.

 

J’ai expliqué les tenants et les aboutissements de cette affaire dans mon ouvrage Le New Age – son histoire… ses pratiques… ses arnaques… (Castor Astral, 1999). On se reportera également aux dossiers sur L’Arbre au Milieu de l’Association Psychothérapies Vigilance et du site prevensectes.com.

 

 

 

 

Renaud Marhic

Essayiste – journaliste

 

Ce qui précède n’a pas empêché un certain nombre d’individus et d’organisations – souvent proches des milieux sectaires et en lutte contre l’UNADFI ou la MIVILUDES – d’instrumentaliser l’affaire de L’Arbre au Milieu. Une « légende dorée » a alors été bâtie autour de  Bernard Lempert. Cette légende peut se résumer – et se com­menter – ainsi :

 

- Bernard Lempert aurait été traîné en justice par des mères de famille n’acceptant pas l’éloignement de leurs enfants (quand c’est Bernard Lempert qui assigna lesdites mères de famille au prétexte d’un « complot » à son encontre).

- Bernard Lempert aurait été victime de parents coupables d’abus sur leurs enfants (quand pas une des familles ayant subi les infamantes accusations d’inceste lancées par Bernard Lempert ne fut inquiétée par la justice).

- Bernard Lempert aurait néanmoins permis le signalement d’un pédophile à la justice (quand l’homme en question a été relaxé des faits qui lui étaient reprochés par jugement du Tribunal de Grande Instance de Rennes du 27 novembre 1998).

- L’Arbre au Milieu aurait été, in fine, retiré de la liste des « mouvements sectaires » dressée dans le rapport parlementaire de janvier 1996 (quand la liste n’a jamais été modifiée, comme tout un chacun peut le vérifier).

- Jacques Guyard, rapporteur de la commission d’enquête parlementaire, aurait dédouané l’Arbre au Milieu dans le documentaire Sectes mensonges et idéaux diffusé par La 5e (quand M. Guyard déclara au magazine Entrevue [n°78, décembre 1998] à propos de L’Arbre au Milieu : « Depuis l’interview, j’ai eu des informations supplémentaires. Il y a en tout cas, en l’occurrence, une vraie utilisation de domination psychologique. C’est pour cela que je ne souhaitais pas apparaître dans l’émission : je ne voulais pas que mes propos soient exploités. J’ai fait transiter ma demande par un avocat. »)

- Bernard Lempert aurait été blanchi par la justice via le jugement de la Cour d’appel de Rennes en 1998 (quand ce jugement le débouta de toutes ses demandes et le condamna à payer 45 000 F [6870 €] de dommages-intérêts aux parties adverses).

- Bernard Lempert aurait été blanchi par la justice via le jugement de la Cour d’appel d’Aix-en-Provence en 2005 (quand ce jugement ne concernait en rien le classement de l’Arbre au Milieu en tant que mouvement sectaire, ni quoi que ce soit de l’affaire au fond, mais le simple fait que le journal La Provence n’avait pas pris la précaution de contacter l’intéresser avant d’évoquer de manière critique l’un de ses colloques).

 

Une légende dorée, on le voit, qui doit tout à la propagande noire…

 

- Comment expliquez-vous les deux articles de presse favorables à Bernard Lempert parus dans Libération ?

Par le simple fait que leur auteur, Franck Johannès, loin d’être un observateur distancié de l’affaire, était un ancien « patient » de Bernard Lempert.  C’est ce que Johannès a dû confesser devant témoins, interrogé par le tribunal où il était venu témoigner en faveur de Lempert (Tribunal correctionnel de Marseille, 12 mars 2004 – Cour d’appel d’Aix-en-Provence, 19 septembre 2005), soulignant l’aide reçu du « psychothérapeute » dans une période difficile…

 

Du point de vue de la déontologie journalistique, on peut s’étonner que le lien si particulier unissant Bernard Lempert à Franck Johannès n’apparaisse à aucun moment dans les articles de ce dernier.  De même, il est particulièrement étonnant de voir un « psychothérapeute » n’hésitant pas à mêler ses patients à des démêlés judiciaires dont il est lui-même l’instigateur. Méthode pourtant utilisée ici par Lempert, comme d’ailleurs dans sa procédure lancée contre l’ADFI-Bretagne.

 

On comprend mieux alors la théorie du complot bâtie par Franck Johannès, tout entière basée sur un seul et unique membre de l’ADFI-Bretagne, un temps égaré dans une autre association, elle peu recommandable. Cette double appartenance permettant bien sûr un commode amalgame. (Le même procédé est fréquemment utilisé par une certaine presse à l’encontre de telle ou telle grande centrale syndicale. Qu’un syndicaliste isolé s’égare au Front National et c’est l’ensemble des adhérents de la centrale qui se trouve soupçonné de proximité avec l’extrême droite.) 

 

 

 

Renaud Marhic

Essayiste – journaliste

 

- Avez-vous déjà été attaqué en justice et avez-vous déjà perdu un procès ?

Suite à la parution de mon livre Sectes et mouvements initiatiques en Bretagne – du celtisme au new age, deux individus et une association ont cherché à faire interdire tout ou partie de l’ouvrage, réclamant par ailleurs de forts dommages-intérêts. Ils ont été déboutés. Je n’ai, par ailleurs, aucune condamnation à mon passif.

 

M. Patrick Marsilli a été débouté par le TGI de Quimper (10 avril 1997), qui a jugé notamment : « Or, l’ouvrage de Messieurs Marhic et Kerlidou intitulé Les sectes et mouvements initiatiques en Bretagne constitue un document journalistique d’investigations très fouillé portant sur les acteurs et les ressorts des mouvements sectaires en Bretagne ainsi que des associations qui gravitent autour de ces sectes ou sont susceptibles de subir une telle dérive (…). »

 

Patrick Marsilli a été débouté à nouveau par la Cour d’appel de Rennes (10 octobre 1997) qui a jugé notamment : « de la valeur d’ensemble de l’ouvrage critiqué lequel, issu d’investigations approfondies et d’informations vérifiées et documentées, s’intéresse dans une perspective historique non seulement à des mouvements d’implantation locale mais également d’audience nationale ou internationale ;

- de la relation avérée qu’a entretenue Patrick Marsilli avec Jean-Pierre Prévost auprès duquel il s’est activement engagé dans la promotion de son mouvement fondé sur l’existence de contacts avec les extra-terrestres, mouvement dont il devait devenir ensuite le premier responsable – notamment en sa qualité de directeur de la publication de la revue Spirale ayant succédé à Contacts – après que Jean-Pierre Prévost ait avoué le caractère mensonger de la rencontre de Cergy-Pontoise avec des extra-terrestres ;

- de la collaboration ayant existé entre Patrick Marsilli et Michel Mélendre ayant développé dans la revue Spirale (n°6 pages 31 à 33) un discours authentiquement sectaire avec préfiguration de l’apocalypse, “vérité” dont Patrick Marsilli allait se détacher (Spirale n°7 pages 4 et 5) ainsi que n’ont pas manqué de la souligner avec objectivité les auteurs de l’ouvrage ;

- de la légitimité du but poursuivi par M. Marhic et Kerlidou ayant produit un ouvrage d’investigations répondant à la nécessaire information du public dans le contexte encore récent de la disparition courant octobre 1994 de cinquante-trois membres de “l’Ordre du Temple Solaire” et de l’achèvement début 1996 des travaux confiés à la Commission Parlementaire d’Enquête chargée d’étudier le phénomène des sectes ;

- enfin de la prudence, du sérieux et de la mesure dont ont su faire montre M. Marhic et Kerlidou tout en donnant à leurs propos la dimension polémique voire ironique que peut justifier le thème traité ; Qu’ainsi pas plus au plan civil que pénal n’apparaissent caractérisés les faits de diffamation allégués par Patrick Marsilli (…). »

 

M. Patrick Paul (Association du Vallon d’Arz) a été débouté par le TGI de Vannes (15 janvier 1998) qui a jugé notamment : « Le tribunal ne trouve pas dans les passages ainsi incriminés les éléments de la diffamation. Les auteurs se livrent seulement à une appréciation critique certes sévère de ce qu’ils estiment être les conceptions globales du monde du docteur Paul. Le fait qu’ils estiment que cette vision, telle qu’elle leur est apparue à travers les écrits analysés par eux et l’entretien qu’ils avaient eu avec lui reflète une certaine coupure avec le réel et une appréhension des notions de secte, de médecine ou de recherche, différentes de celle du sens commun, qu’elle constitue un déterminisme et est de nature à priver l’homme de son libre arbitre, constitue une appréciation d’ordre intellectuel et critique qui relève de leur liberté d’expression et n’appelle que des réponses du même ordre dans le cadre d’un débat d’idées. Elles ne peuvent en revanche s’analyser comme l’imputation de faits déterminés de nature à porter atteinte à son honneur ou à sa considération. Là encore la diffamation ne sera pas retenue et les prévenus seront relaxés de l’ensemble des fins de la poursuite (…). »

 

Suite à ce jugement M. Patrick Paul s’est désisté de l’appel qu’il avait formé dans un premier temps.

 

 

 

Renaud Marhic

Essayiste – journaliste

 

L’association Bien Naître a été déboutée par le TGI de Brest (janvier 1999) qui a jugé notamment : « À l’appui de sa demande, l’association Bien Naître explique qu’elle n’est ni un mouvement initiatique ni une organisation sectaire, qu’elle a pour objet de mettre en œuvre les moyens favorisant un accouchement et une naissance bien vécus, ainsi qu’un meilleur accueil de l’enfant au sein de la famille et de la société, et que son classement dans une liste de mouvements sectaires ou initiatiques constitue un abus du droit à l’information commis sans enquête sérieuse préalable (…). Subsidiairement, les défendeurs ont soutenu que les auteurs ont procédé à une enquête sérieuse qui leur a permis de conclure que l’association Bien Naître, qui a pour maître à penser le docteur Odent, est un mouvement qui propose à ses membres une initiation de type “nouvel âge” correspondant à des vues sanitaires originales, qu’ils justifient de leurs dires par de multiples références à des livres, articles et conférences, et que, enfin, l’éveil de l’opinion publique sur les buts poursuivis par l’association Bien Naître remonte à la fin de 1995, soit à une date antérieure à la publication de l’ouvrage incriminé, de sorte que celui-ci n’est pas à l’origine du préjudice dont se plaint l’association (…). Il n’est pas discuté que l’association a agi en l’occurrence après l’expiration du délai de trois mois, et son action doit être jugée irrecevable (…). »

 

Outre cet ouvrage, d’autres procédures ont été lancées contre moi suite à divers articles.

 

Christian Jacq, écrivain, après avoir déposé plainte en diffamation avec constitution de partie civile devant le doyen des juges d’instruction du TGI de Paris (novembre 2001) – suite à un article intitulé Christian Jacq : La dérive d’un pharaon à deux balles paru en 2000 dans Le Vrai Papier Journal –, Christian Jacq, donc, s’est purement et simplement désisté de sa plainte sous réserve que soit sollicité sa réaction dans l’hypothèse d’un nouvel article le concernant…

 

Mlles Bertrand, ont été déboutées par le TGI de Paris (décembre 2001) de leur plainte pour atteinte à la vie privée déposée suite à l’article Christian Jacq : La dérive d’un pharaon à deux balles cité plus haut. Le tribunal jugeant notamment : « Le droit au respect de la vie privée n’est pas absolu. Sa protection s’efface devant les nécessités de l’information, lorsque celle-ci est légitime et concerne un sujet d’intérêt public (…). En l’occurrence, les révélations litigieuses sont justifiées par le droit supérieur de la presse d’informer le public sur le phénomène des sectes qui constitue un enjeu de société majeur. »

 

L’Union Démocratique Bretonne (UDB), parti autonomiste, d’une part, et, d’autre part, Yann-Ber Tillenon, « druide » bien connu des droites extrêmes, se sont vus déclarer l’« irrecevabilité » de leurs demandes par la Cour d’appel de Rennes (juin 2003). Suite à un article paru en 2001 dans Le Vrai Papier Journal, soulignant, entre autres, les tentatives de réhabilitation de militants bretons ayant collaboré avec les nazis durant l’occupation, l’UDB, qui réclamait la somme de 200 000 F (30 489 euros) à titre de dommages-intérêts, avait obtenu, en première instance, la somme de 1 euro. Yann-Ber Tillenon, qui réclamait la somme de 150 000 F (22 867 euros) à titre de dommages-intérêts s’était vu attribuer la somme de 1000 euros. Le 5 juin 2003, suite à l’appel interjeté par Karl Zéro, Dominique Conil et Renaud Marhic, la Cour d’appel de Rennes, constatait l’irrecevabilité des demandes, les « citations introductives » étant jugées « tardives » et « aucun acte de poursuite » n’ayant été accompli durant les trois mois suivant l’acte d’appel… La Cour prononçait donc la « prescription », constatant, au surplus, « l’extinction de l’action publique par effet de la loi d’amnistie ». Le jugement de première instance se trouvant, de facto, deux fois annulé. Dans les affaires les opposant à l’UDB d’une part, et Yann-Ber Tillenon d’autre part, Karl Zéro, directeur du Vrai Papier Journal, Dominique Conil et Renaud Marhic, journalistes, ne font donc l’objet d’aucune condamnation.

 

 

 

Renaud Marhic

Essayiste – journaliste

 

L’association Ordre Monastique d’Avallon (OMA), a été déboutée de sa plainte en diffamation par le TGI de Brest (avril 2004) et condamnée à régler la somme de 600 euros au titre de l’article 700 du Nouveau Code de procédure civile, suite à l’article Les sectes en Finistère, paru en 2002 dans Un autre Finistère. Le tribunal jugeant notamment : « Il sera rappelé que l’utilisation du terme secte est, en l’absence de toute autre indication, insuffisante pour caractériser une diffamation au sens de l’article 29 de la loi (CA Paris 22 février 1994, Douai 15 janvier 1997) sauf lorsque des faits diffamatoires sont imputés à la collectivité en cause. Or en l’espèce l’article n’impute pas à l’Ordre Monastique d’Avallon un fait ou un comportement particulier ni le qualifie par exemple de dangereux. »

 

L’association Ordre Monastique d’Avallon (OMA) a été déboutée à nouveau par la Cour d’appel de Rennes (29 novembre 2005) qui a jugé notamment : « Attendu, ainsi qu’il a été relevé avec pertinence au jugement, que M. Marhic a pris soin de reprendre entre guillemets les critères et l’énumération figurant dans le rapport parlementaire, sans imputer précisément à l’Ordre d’Avallon des faits ou un comportement particulier ; Qu’il n’a rien ajouté à la réputation de l’association d’autant que postérieurement à la parution du rapport précité celle-ci a donné lieu à des articles dans des journaux de diffusion nationale, tels que Le Monde, La Croix, L’Express, et des publications régionales, en Bretagne et Normandie, en suite des polémiques qu’elle suscitait, ainsi qu’il ressort des pièces versées aux débats ; (…) la Cour, confirme le jugement entrepris, ajoutant, condamne “l’association” aux dépens d’appel, qui seront recouvrés conformément à l’article 699 du nouveau code de procédure civile, ainsi qu’au paiement d’une indemnité de 3000 euros aux intimés pour frais non répétibles (…). »

 

L’association Ordre Monastique d’Avallon (OMA) a enfin été déboutée par la Chambre civile de la Cour de Cassation (3 avril 2007) qui a jugé notamment : « (…) attendu que la Cour d’appel a énoncé, par motifs tant propres qu’adaptés que compte tenu des buts poursuivis par le magazine Un autre Finistère, l’article procédait d’une motivation légitime d’information pour ses lecteurs en faisant le point à l’échelon régional sur un sujet d’intérêt, voire de préoccupation, national ; qu’il se gardait de développer une critique quelconque sur “l’association” ou de formuler un jugement de valeur mais se bornait à rappeler, en la situant dans le contexte avec des termes neutres, non péjoratifs, qu’elle figurait au classement de la commission d’enquête ; que, par ces seuls motifs, caractérisant la bonne foi et qui échappent au grief du moyen, elle a légalement justifié sa décision ; D’où il suit que le moyen n’est pas fondé ; PAR CES MOTIFS : REJETTE le pourvoi ; Condamne l’association Ordre monastique d’Avallon aux dépens ; Vu l’article 700 du nouveau code de procédure civile, rejette les demandes ; »

 

La Cour de cassation a assorti son arrêt d’une mention de publication à son bulletin mensuel, démontrant par là même qu’elle entend lui donner toute publicité.

 

- Le succès des sectes et des pseudosciences s’explique-t-il par la perte des valeurs ou des repères ?

Non, ce succès s’explique bien plus par la société de communication qui est la nôtre. Auparavant, les prosélytes de l’irrationnel devaient en passer par de longues tournées de conférences pour toucher le public. Quand bien même ils arrivaient à se faire éditer, le succès littéraire n’était pas forcément au rendez-vous. Aujourd’hui, tout a changé. Les médias se sont ouverts au quidam, ce qui n’est pas toujours une mauvaise chose. Mais en un seul passage dans un talk-show télévisé, le moindre gourou, le plus petit escroc, touche désormais des millions de téléspectateurs. C’est aussi en cela, qu’en tant que journaliste, j’estime avoir un rôle à jouer dans ce phénomène.

 

… d’autres réponses à d’autres questions à :

la spirale.org

 

 

 

Renaud Marhic

Essayiste – journaliste

 

PSEUDOSCIENCES :

 

- Avez-vous cru aux pseudosciences ?

Oui. Adolescent, je me suis passionné pour le paranormal, notamment à travers la lecture de certains ouvrages des éditions J’ai Lu (L’aventure mystérieuse) et Robert Laffont (Les énigmes de l’univers). Ceci dit, ma démarche consistait à comprendre comment des phénomènes attestés par tant de « spécialistes » pouvaient ne pas être reconnus comme réels. Et c’est en m’interrogeant sur cet état de fait que je me suis aperçu que ces phénomènes pouvaient en fait s’expliquer en termes rationnels, notamment par le bais de la psychologie et de la sociologie. J’ai aussi découvert comment les pseudosciences servaient à la manipulation d’autrui. À 18 ans, mon opinion était faite. J’ai publié de très nombreux articles sur le sujet depuis lors. Je collabore également ponctuellement à diverses associations ou manifestations qui, chacune à leur façon, abordent de façon critique le domaine du paranormal (Observatoire Zététique, SOS OVNI, Incroyable mais faux !, etc.)

 

- Existe-t-il pour vous des phénomènes inexplicables ?

Non. Quand bien même un phénomène reste inexpliqué faute d’élément suffisant pour son analyse, comme c’est souvent le cas, cela ne veut pas dire que ce phénomène soit inexplicable. Par ailleurs, je pense que c’est à l’auteur d’une affirmation extraordinaire qu’incombe la charge de la preuve.

 

- Êtes-vous rationaliste ?

J’essaye d’être rationnel. Je me reconnais dans le scepticisme. J’examine les choses avec soin. Il ne s’agit donc pas d’une idéologie mais d’une méthode que j’essaye d’appliquer calmement et, quand l’occasion s’en présente, avec humour. Les croisades rationalistes agressives et méprisantes pour les croyants ont démontré leur inefficacité. Taxer quelqu’un de crédulité est totalement improductif. Je m’attache pour ma part à démontrer pourquoi les pseudosciences ne recoupent aucune réalité. À chacun ensuite de se faire une opinion en fonction des éléments que j’apporte. Oui à la liberté de conscience, non à l’ignorance…

 

- Les sujets touchant aux pseudosciences justifient-ils qu’on leur consacre attention ?

Il est un pédantisme qui consiste à juger trop vulgaire pour être digne d’intérêt le terreau sur lequel fleurissent les croyances populaires. On nous dit par exemple qu’il est superfétatoire de se préoccuper d’histoires aussi improbables que celle mettant en scène extraterrestres et soucoupes volantes. Ce pédantisme est justement un atout majeur pour les manipulateurs de tous horizons. Le domaine des sectes nous en fournit la preuve. Combien de victimes parce que personne n’avait pris soin de démonter et d’expliquer point par point la rhétorique des gourous ?
En matière de pseudosciences comme en matière de sectes, il convient de scruter au plus près les prétentions et les allégations des prosélytes de l’irrationnel. Pour mieux les dénoncer.

 

Et autres adversaires de l’esprit des Lumières (extrême droite, intégrisme religieux, communautarisme…) :

 

- Êtes-vous franc-maçon ? Faites-vous partie d’une société secrète ?

Jusqu’en 2003, ce genre de questions émanait principalement de nostalgiques de l’occupation et du Service des sociétés secrètes de triste mémoire, ou encore de certaines sectes bien connues, persuadées que si elles ont mauvaise presse, c’est affaire de « complot maçonnique » à leur encontre… Depuis la parution du Da Vinci Code de Dan Brown, et sa lecture paranoïaque de l’histoire, ce type d’interrogations s’est généralisé, en particulier vis-à-vis de tout individu se réclamant de l’esprit des Lumières. Quand bien même mon positionnement philosophique n’implique pas d’« encartement », cela n’empêche pas certaines divagations et leur instrumentalisation. Par exemple, le fait de ne pas adhérer aux théories du complot entourant le 11 septembre 2001 (en ce qui me concerne au nom de l’analyse rationaliste qui peut être faite desdites théories), suffit pour certains à faire de vous un suppôt de quelque organisation mondiale chargée de gérer les suites géopolitiques de l’ « effroyable imposture », etc. La méthode visant, là aussi, à dépeindre vos convictions exactement à l’inverse de ce qu’elles sont.

 

 

 

Renaud Marhic

Essayiste – journaliste

 

- Qu’avez-vous à répondre aux attaques des nationalistes bretons contre vous ?

En Bretagne, il existe aujourd’hui un véritable militantisme ethnique qui transcende le clivage droite-gauche. Les nationalistes bretons de tout bord s’entendent fort bien quand il s’agit, par exemple, de défendre la mémoire des anciens collaborateurs qui, durant l’occupation, avaient choisi le camp des nazis en échange de la promesse d’une Bretagne indépendante. Le nationalisme breton est de fait un triste marigot qui passe sans transition du rouge au brun et inversement. J’ai dénoncé cette collusion dans divers articles ainsi que dans un polar intitulé Hermines et idées noires. L’agressivité des intéressés à mon encontre n’est donc pas étonnante. Concernant leurs méthodes, l’affaire suivante est éloquente.

 

Le 6 décembre 1999, j’étais l’invité du Journal de 13 heures sur France Inter, à l’occasion de la parution de mon ouvrage Le new age – son histoire… ses pratiques… ses arnaques…. Dans ce même journal, Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l’Intérieur, était interviewé au sujet des sectes apocalyptiques dont on craignait les dérapages à l’approche de l’an 2000. Il déclarait : « Le danger vient peut-être de petits groupes mal connus. Il y a des petits groupes qui craignent l’arrivée du Déluge et dont certains ont choisi de se réfugier sur des sommets des Pyrénées, d’autres curieusement en Bretagne, je ne comprends pas pourquoi parce que les Monts d’Arrée sont quand même à une altitude relativement basse… Disons que ce n’est quand même pas notre principale préoccupation. » À l’invitation du présentateur, je réagissais à la déclaration du ministre en ces termes : « Il devrait s’inquiéter un peu plus concernant la Bretagne, région dont je suis originaire, parce que si les Monts d’Arrée ne culminent qu’à 380 mètres et des poussières, eh bien il y a de nombreuses prédictions qui remontent au siècle dernier et qui annoncent que, au jour de l’Apocalypse, la Bretagne sera épargnée. Alors ceci explique sans doute pourquoi de nombreux petits groupes, qui pour certains sont armés jusqu’aux dents, ont élu domicile en Bretagne et pourraient poser problème… sans qu’à notre tour nous jouions les Cassandre, évidemment. »

 

Les prédictions évoquées avaient été largement popularisées par Paco Rabanne quatre mois plus tôt. Quant aux petits groupes apocalyptiques ayant élu domicile en Bretagne, je leur avais, en 1998, consacré un livre : Voyage au bout de la secte. Invité en tant que spécialiste des sectes, pour la publication d’un livre sur le changement de millénaire, mon propos était parfaitement clair et compréhensible par tous. Voici ce qu’en ont fait les nationalistes bretons à travers un communiqué de presse : « Les jacobins, et leurs collaborateurs en Bretagne, n’y vont pas par quatre chemins. Jean-Pierre Chevènement, ce n’est pas une surprise, en rajoute toujours un maximum. Il voit même des sectes craignant le déluge se réfugier sur les sommets des Pyrénées ou sur les monts d’Arrée en Bretagne. On croit rêver (…) ! On peut comprendre qu’un élu de Belfort, même ministre de l’Intérieur soit mal renseigné. Mais qu’un pseudo intellectuel, Renaud Marhic, collaborateur de Charlie Hebdo, soi-disant spécialiste des sectes et qui dirige depuis Brest un collectif d’opposants à la Charte européenne des langues régionales annonce que “des bandes armées se dirigent vers les monts d’Année ou s’y seraient déjà introduites” on se pose des questions sur la santé mentale de ces jacobins de service. Comme disent les jeunes : “C’est vraiment du n’importe quoi.” Les démocrates sincères de Bretagne et d’ailleurs auront certainement à cœur de se mobiliser pour rendre au débat d’idées toute sa dignité. »

 

 

 

 

Renaud Marhic

Essayiste – journaliste

 

Chacun peut juger de la différence entre ma déclaration et sa caricature par les nationalistes – pour qui, en bons militants ethniques, il ne peut exister de sectes apocalyptiques en Bretagne… Quand à diriger un « collectif d’opposants à la Charte européenne des langues régionales », c’est là la transformation d’une simple signature sur une pétition s’opposant à l’instrumentalisation politique de ladite charte par les nationalistes... Cela pourrait s’appeler la « breizh désinfo ». Le procédé est un classique des groupuscules extrémistes.

 

Dans le même ordre d’idées, on peut enfin constater sur divers sites nationalistes, l’affirmation selon laquelle j’aurais été condamné en diffamation au côté de Karl Zéro en 2002. Ces sites « oubliant » simplement de préciser que je l’ai emporté en appel (voir plus haut), et ne fais, à ce jour, l’objet d’aucune condamnation...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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